Vieuxbougon

Un site utilisant unblog.fr

Archive pour la catégorie 'Non classé'


Les sangliers

3 mai, 2013
Non classé | Pas de réponses »

Les sangliers 86224558_p3

      Ce matin, le ban et l’arrière ban des chasseurs de la région sont convoqués pour une vaste cérémonie à la gloire d’Artémis : une battue au sanglier dans toute la vallée.  Les moteurs des prétentieux 4X4, des antiques 4L et autres « cross over » à la mode vrombissent de toute part. Les appels et les cris font fuir les ramiers. Les chiens, ivres de liberté, aboient à tout rompre, insensibles aux ordres de leurs maîtres. Les cornes résonnent de vent de bise en vent de traverse et de zéphyr en midi. Corbeaux, freux et choucas leurs répondent en dessinant de larges cercles dans l’espoir d’un charnier dont se repaître. Une semaine auparavant, les gardes-chasse et leurs lieutenants de louveterie ont effectué leurs repérages. Traces nettement visibles, ici ou là, du passage d’une harde. Discussions animées pour déterminer le nombre de laies qui attendent des petits. Les spécialistes se déchirent. Les anciens rappellent leur expérience et les plus jeunes se targuent de leurs longues études. Tous s’accordent sur l’absence de marcassins. Par contre, aux abords d’une souille régulièrement fréquentée, des marques révèlent la présence de trois ou quatre ragots. Légèrement à l’écart, dans l’ombre d’un gros buisson d’épineux, une ancienne bauge a été réinvestie. Le chef garde-chasse ôte sa casquette et passe la main sur son crâne dégarni. Il s’agit, pense-t-il, de l’aménagement d’un futur chaudron. La mise-bas est proche, conclut son bras droit. La piste de la compagnie se poursuit, facilement repérable aux poils coincés dans les écorces des fayards et aux sillons laissés par les canines de quelque gros mâle sur les troncs des vieux chênes pour marquer son territoire. Puis les indices quittent les sous-bois pour s’aventurer aux abords d’une ancienne bergerie. Faines, glands et châtaignes manquent à présent. Les bêtes ont faim et se rapprochent des habitations et de leurs poubelles. Certes, les campagnes perdent leurs paysans. Les champs d’orge, d’avoine et de blé retournent à la jachère. La friche gagne les clos abandonnés par les moutons de trop faibles revenus pour les jeunes agriculteurs. La nature reprend inexorablement ses droits. Mais demeurent encore, ici ou là, un hameau à deux ou trois foyers au petit ort entouré de sa clôture de noisetier, une vieille ferme dont le paysan à la retraite  élève encore quelques moutons et deux ou trois vaches dont il n’a pas eu le cœur de se séparer ou la châtaigneraie du notaire du bourg qu’il a pieusement conservée de l’héritage de ses parents. Grâce à ces insoumis, opiniâtres et têtus, arrivent les semis de maïs dont sont si friands les sangliers. Il est plus que temps, pour l’homme, d’intervenir. Pour l’heure, aisément repérables à leur gilet fluorescent et à leur front grisonnant, les nemrods marquent le pas au pied des haies ou en lisière des halliers. Par petits groupes de deux ou trois individus, ils parlent du bon vieux temps où ils étaient plus nombreux que leur gibier. Les chiens tournent et virent avec impatience et se font rabrouer. Exposés sur les capots des voitures, pain de campagne, saucisson, fromage et vin rouge passent de main en main. Et la Marthe ? Qu’est-ce qu’elle devient ?  Tu te souviens ? En 56, au bal de … 

Pour suivre régulièrement ces chroniques, il suffit de s’abonner gratuitement à « news letter »

Les marcheurs

30 avril, 2013
Non classé | Pas de réponses »

Les marcheurs marcheurs1-300x92

      Lorsque j’ai rencontré Joseph pour la première fois, il se faisait appeler Thomas et marchait sur le bord de la route. (Ma chronique du 25 mars 2011). Je me suis arrêté à sa hauteur et je lui ai proposé de le conduire un peu plus loin. Il m’a répondu qu’il n’allait nulle part mais il est monté. Il a ensuite accepté de manger une petite omelette aux morilles et un peu de fromage avec quelques feuilles de laitue du potager. Nous avons parlé une grande partie de la nuit en écoutant Eldar Nebolsin interpréter brillamment l’intégrale des Préludes de Rachmaninov. Ses traits étaient creusés et ses yeux brillants, presque fiévreux. Ses cheveux broussailleux s’accordaient avec sa barbe grisonnante et lui dessinent un visage fatigué. Il a accepté de dormir sur le canapé. Le lendemain matin, il avait disparu à mon réveil. Ne laissant qu’un court message griffonné à la hâte : j’ai pris le reste du pain. Notre deuxième rencontre se fit grâce aux pandores qui l’avaient ramassé dans quelque recoin et ne savaient qu’en faire. Je le ramenai à la maison une fois encore et l’hébergeai quelques jours avant de le confier aux bons soins de mon amie Marthe, du Mas du Goth. Sans doute a-t-elle su l’apprivoiser car il y demeure encore à ce jour. C’est mon homme de main, aime-t-elle à répéter à qui s’offusquerait de sa présence. Il ne m’a jamais dit ce qu’il cherchait ainsi sur la route ou ce qu’il fuyait. Le sait-il lui-même ? Il allait comme ces nomades, libres ou qui le croient, qui portent des ailes aux pieds et vont sans but réel et sans contrainte. Mais peut-être pourrait-il reprendre aujourd’hui à son compte cette citation de Jules Blain rapportée par Jean-Paul Kauffmann dans le récit de sa remontée de la Marne: « Toute je t’ai goûtée, ô douceur du monde ! A présent je suis las du vent » ? Que cherchait-il, Jean-Paul Kauffmann, en remontant le cours de la Marne jusqu’à ce village de Balesme où elle prend sa source ? Il est parti un jour de septembre, sac à dos sur les épaules, comme on remonte le passé. En s’arrêtant le soir dans les auberges ou les chambres d’hôtes situées près du fleuve, sans réservation, bien sûr, sans entrave, sans horaire. Avec la sensation d’être libre tout en restant attaché à l’eau qui s’écoule à quelques pas, diverse, changeante, lumineuse, âpre, lourde parfois de ses alluvions mais légère et généreuse à la fois de toute la vie qu’elle entraîne avec elle. Point de nostalgie dans ses pages riches de sa longue proximité avec le fleuve et de ses rencontres avec des hommes plutôt taiseux, une campagne presque inanimée et des chemins qui ne gardent plus guère la trace que des randonneurs. Ce n’est pas la fuite d’un monde qui pousse Jean-Paul Kauffmann mais l’espoir au contraire de puiser encore, à hauteur d’homme et de terre, au cœur de son enfance et de son Pays. La démarche inverse, au fond, de celle de Jean-Christophe Ruffin lorsqu’il se lance dans un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Un besoin de se retrouver après sa course autour du monde. De faire le tri, comme il dit, de jeter le superflu par-dessus bord. C’est évidemment le contraire qui va se produire. Il va s’enrichir lui aussi de rencontres, de petits faits, de grands paysages qu’il nous raconte avec le recul de l’autodérision et la vivacité de l’humour. La dimension spirituelle est toujours là, mais en filigrane sous  les problèmes  pratiques les plus triviaux. Le parcours de Jean-Paul Kaufmann tourne plutôt autour de lui. Le chemin de Jean-Christophe Ruffin nous révèle surtout les Jacquets qui marchent et souffrent comme lui. Pied levé ne garde pas la poussière, dit le proverbe bantou. Dans l’un et l’autre cas, ils nous enrichissent au contraire d’un récit bien éloigné du folklore mais qui révèle toujours un Pays et des Hommes. (« Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi », Jean-Christophe Ruffin, éditions Guérin et « Remonter la Marne », Jean-Paul Kauffmann, éditions Fayard)

Pour suivre régulièrement ces chroniques, il suffit de s’abonner gratuitement à « news letter »

Bonjour

29 avril, 2013
Non classé | Pas de réponses »

C’est l’histoire d’un vieux bougon qui vit à la campagne mais qui n’en pense pas moins.

Alors il raconte ses joies et ses indignations, ses rencontres, ses lectures…Bonjour caricature-blog2-300x265

Bonjour tout le monde !

28 avril, 2013
Non classé | Pas de réponses »

Bienvenue dans unblog.fr. Ceci est votre premier article. Modifiez-le ou supprimez-le, puis lancez-vous !

De fleurs et d'arbres |
Asurreacal |
tasmilt |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'univers de Shamira
| Leshakili
| Moja opinia o wydarzeniach